Les organisations Enda Graf et Enda Diapol, membres du réseau Enda Tiers Monde partageant une vision commune, des valeurs, des principes, des champs d’intervention communs, ont tout naturellement décidé de se mettre en réseau afin d’accroître leur cohérence et leur impact au sein de la société. Ceci en s’appuyant autant sur l’identité des visions en termes de finalités et de gouvernance que sur la complémentarité des approches, échelles et dimensions du développement qu’elles ont investi.
Enda Graf Diapol s’articule autour d’un noyau de concepts : Environnement et Société, Recherche-Action-Formation, Dialogue Politique. La vision prônée est celle d’"Un monde convivial et pluriel reposant sur le principe de gouvernance éthique". Soit un monde : favorisant l’épanouissement des personnes ; réconciliant l’Etre humain et son environnement ; dont les rapports sociaux sont régis par les principes de complexité, de diversité et de globalité…
Le réseau est engagé dans l’amélioration de la gouvernance des sociétés. A partir de ses recherches de terrain et des analyses de contexte qu’elle a pu en tirer, Enda Graf Diapol a identifié des mécanismes récurrents qui engendrent la pauvreté, mais aussi les possibilités de réponses à ces maux par la société sénégalaise elle-même. La pauvreté, la plus visible, est la pauvreté économique. Il est une autre pauvreté, découlant directement de la pauvreté économique : il s’agit de la pauvreté sociale. La dégradation des conditions de vie entraîne une fragilisation des liens sociaux traditionnels : familles fractionnées, solidarité communautaire plus aléatoire, accentuée par l’exode rural ou l’émigration, repli des corporations sur elles-mêmes, multiplication des sectes religieuses où les individus cherchent une place, un soutien. Mais pour le réseau Enda Graf Diapol, la pauvreté est avant tout une pauvreté politique, en ce que la majorité des citoyens est exclue économiquement et socialement de la définition des règles du jeu. Face à ces pauvretés économique, sociale et politique intrinsèquement liées, dont les mécanismes sont aussi bien locaux que macro, Enda Graf Diapol promeut un changement politique et une modification de l’ordre social, qui permettrait de remettre au cœur de la société des valeurs telles que la solidarité, la justice sociale et l’épanouissement de toutes les composantes de la société sénégalaise. Tel est, de son point de vue, le véritable enjeu du développement.
Ainsi, Enda Graf Diapol se propose d’une part d’agir sur l’individu, en le valorisant et en l’appuyant dans l’exercice de son pouvoir citoyen ; d’autre part d’agir sur les institutions, en amenant les différents acteurs et groupements à participer à l’élaboration des politiques publiques, non pas seulement de façon négative (l’opposition au pouvoir, le refus) mais surtout de manière positive (la négociation avec le pouvoir, être force de proposition, être prospectif dans le partage du pouvoir). Ceci implique une transformation profonde de la conception de l’exercice du pouvoir dans nos sociétés. Une société juste est une communauté de vues respectueuse de sa diversité ; elle ne saurait donc se construire sans la participation de tous.