Le changement politique et social vers lequel nous souhaitons tendre, ne se conçoit que par l’obtention d’un impact sur la société globalement. Toute action efficace pour contrer et réduire la pauvreté se doit forcément d’atteindre et d’ajuster ou modifier un ordre social qui secrète déséquilibres et inégalités. Il importe alors d’aborder le Changement Politique et Social dans et par les situations sociales, donc l’aborder par les différents secteurs, en y favorisant des changements.
Pour un maximum d’adéquation des actions aux finalités, les spécificités de situation imposent une décentralisation, qui n’est pas simplement formelle, encore moins une « concession » du centre, mais consacre un polycentrisme qui répond à la diversité des légitimités, des compétences et des initiatives. Les fonctionnements hiérarchiques deviennent donc de plus en plus obsolètes et inopérantes. En interne, l’ONG a choisi le mode de gouvernance en réseau dit polycentré, ou forum : chaque organisation est autonome dans le montage de ses projets, la recherche de ses financements et son organisation interne. Il se dote de moyens d’action, et prend des décisions politiques sur ses orientations, bénéficie d’un statut juridique propre lorsque c’est possible. Mais partageant des visions et missions communes, une communauté de vue, les pôles se réclament du réseau par désir de convergence avec les autres.
Le réseau s’oriente sur les mêmes principes qu’il promeut à l’extérieur :
Le Réseau Enda Graf Diapol s’organise autour d’Espaces-Ressources, d’Organisations associées, d’une Coordination et d’un Conseil de Coordination, appelé Con’coord. Le Réseau Enda Graf Diapol est composé de plusieurs organisations associées qui interviennent à différentes échelles (locale, nationale, régionale et internationale). Ces organisations associées travaillent sur des thématiques différentes telles que : l’agriculture, la santé, l’éducation, la coopération et l’intégration transfrontalière, la pêche, le développement local, la décentralisation, la bonne gouvernance, l’eau et l’assainissement, l’environnement…
Ces organisations associées se définissent comme un « Groupe d’acteurs au sein du Réseau engagés dans un projet politique spécifique », respectant le positionnement éthique et politique du réseau. Ce projet politique doit contribuer au projet politique commun au Réseau. Afin que ce pôle soit viable il nécessite : une autonomie technique, des ancrages physiques, des orientations stratégiques, une autonomie financière, des programmes significatifs. Il doit à terme devenir un espace ressources pour les différents acteurs du secteur ou champ social visé.
Les Espaces-Ressources, quant à eux, représentent l’ensemble de services à la disposition de pôles ou de collectifs de pôles (pour favoriser des évolutions qualitatives de leurs stratégies et actions) et/ou à la disposition des autres acteurs du champ social (pour faciliter des dynamiques significatives vers le changement sociétal). Ils sont porteurs d’un concept, que ce soit PEES ou DIAPOL, et en assurent son animation au sein de la société. Les Espaces Ressources sont un volet important de notre démarche stratégique car ils :
La transformation de la société est néanmoins l’effet d’une cohérence globale, d’où l’exigence d’un minimum de convergence : c’est là le sens de la Coordination, en tant qu’ajustement du rôle du « centre ». La vocation de cette coordination, c’est d’assurer la promotion d’un lien « politique » (adhésion à une mission commune) et non une attache de prime abord juridique. Pour s’assurer une synergie et une cohérence effective, nous avons donc en 2007 décidé d’installer physiquement la coordination du réseau, afin d’objectiver les rapports et de favoriser une meilleure redevabilité de chaque acteur vis-à-vis des associés.
Le Con’Coord (Conseil de Coordination), qui est politiquement responsable de l’ensemble des taches de la coordination, en a ainsi délégué l’exécution à cet espace de coordination qui mobilise les ressources du réseau (ou des ressources complémentaires) pour s’assurer que ces services communs soient effectifs. Il représente donc un espace de régulation, de délibération, de définition des orientations stratégiques et de décisions au sein du Réseau. Il réunit deux représentants de chaque pôle et les membres de l’espace de coordination.
Voici donc quelques instruments « pratiques » de notre système de gouvernance. Nous espérons pouvoir continuer à renforcer cet aspect en notre sein, par notamment : une recherche action en matière de gouvernance, la confection d’autres outils de gouvernance (politique, administrative, financière, juridique et technique), etc.